Accord de Paris sur le climat (COP21)

Les États Unis se retirent sans surprise

Au total, aucun séisme de forte magnitude ne sera provoqué par ce retrait américain.

Accord de Paris sur le climat (COP21) : Les États Unis se retirent sans surprise

Donald Trump ne reconnait pas l’accord de Paris sur le climat. D’abord parce qu’il est de ceux-là mêmes qui réfutent la réalité des changements climatiques imputable aux émissions de gaz à effet de serre. Des gaz hautement nocifs à la couche d’ozone, protectrice de la terre contre les rayons ultra-violets du soleil et toute autre forme d’ensoleillement intensif.

Des gaz pourtant abondamment émis par les industries du charbon et du pétrole aux Etats-Unis, et que l’on évalue à 15% de l’ensemble des gaz à effet de serre propagés à travers le monde. Ce qui place ce pays au deuxième rang mondial des plus gros pollueurs de la planète, derrière la Chine. C’est fort de cette réalité que la ratification dudit accord par le Président Barak Obama avait été perçue comme un signal fort et surtout incitateur des autres pays industrialisés à suivre l’exemple américain.

L’espoir que l’engagement des Etats-Unis incarnait aux yeux des promoteurs de l’Accord de Paris s’est effectivement, tel qu’on le prévoyait, traduit par l’entraînement de plusieurs autres pays à lui emboiter le pas. Y compris la Chine, premier pollueur mondial. L’on comprend alors pourquoi les inquiétudes étaient déjà vives à la Cop 22 tenue à Marrakech en novembre dernier, lorsque, contre toute attente, Donald Trump triomphait d’Hillary Clinton dans la course à la Maison blanche. D’autant plus que le Président américain fraîchement élu avait déclaré, lors de sa campagne, qu’il retirerait son pays de cet accord s’il venait à être élu. Et cela, pour favoriser les gros producteurs d’électricité à base de charbon aux Etats-Unis et protéger ainsi de nombreux emplois.

America first

Aujourd’hui, il apparait qu’en dépit des discours flamboyants tenus par les dirigeants du monde occidental européen, avec en tête François Hollande lors du sommet de Marrakech sur le climat pour l’en dissuader, Trump a respecté cet engagement pris vis-à-vis des industries polluantes américaines. N’en déplaise, pourrait-on dire, au reste du monde. Tant il a foi à son slogan « America first » ou l’Amérique d’abord. Il ne pouvait, du reste, en être autrement quand on sait que peu après sa prise de fonction, les quarante cinquième occupants de la Maison blanche s’est littéralement attaqué aux mesures relatives à la transition énergétique, qui avaient été adoptées par son prédécesseur sur le climat, et l’environnement en général. En les faisant toutes supprimées par décret présidentiel. En outre, son envie de tirer un trait sur cet accord était si manifeste qu’au sommet du G7 en Sicile, pendant que tous étaient contre le retrait américain, il était le seul à ne pas l’accepter. Si Donald Trump ne s’est pas prononcé sur la question au sommet de Sicile, c’est tout simplement parce qu’il s’était aperçu que l’intérêt que ses pairs y accordaient était si grand et si fort qu’il lui fallait bien trouver des arguments plus ou moins massues pour les convaincre. Plutôt que de s’en tenir à une expression lapidaire de son refus. Qui l’aurait couvert de ridicule. En outre, il lui fallait bien donner la preuve qu’il maitrise les différentes articulations de l’accord de Paris et savoir exactement qu’elle est le mode de retrait qui irait mieux à son pays. Finalement, il n’aura pas trouvé mieux à dire que d’exiger la renégociation d’un nouvel accord taillé sur mesure pour son pays. Tout en sachant qu’un tel argument qui a également valeur de condition ne saura convaincre les autres nations du monde. Cette exigence apparait même aux yeux de certains comme un véritable mépris et manque de considération à leur égard.

Attitude salutaire

Quelles conséquences peut-on attendre du retrait américain, à l’échelle planétaire ? Pour l’heure, aucune ne se pointe à l’horizon qui soit du genre à pousser les 192 autres pays signataires de l’accord de Paris à faire comme les Etats-Unis. La Chine qu’on pouvait soupçonner de se mettre dans cette même posture vient plutôt de renouveler tout son engagement et son soutien audit accord. Ce qui est une attitude réaliste et salutaire pour ses populations souffrant de plus en plus des affres de la pollution due à la combustion du charbon, utilisé dans la production industrielle. Le Canada, non plus, n’entend pas suivre les Etats-Unis, bien qu’ayant été jadis opposé au protocole de Kyoto, comme la Chine du reste, en tant que gros pollueur.

Bien au contraire, tous ces pays entendent faire bloc autour des 27 de l’Union européenne pour donner plus d’allant à l’application de l’accord de Paris. Et il y a aussi de fortes chances que la Russie en fasse autant, pour ne pas s’isoler davantage de l’Union européenne surtout, avec laquelle elle ne partage pas bien déjà les mêmes points de vue sur de grands sujets d’intérêt planétaire et singulièrement européen. Le gouvernement américain ne subira pas de sanctions non plus, étant donné que l’accord de Paris n’en a pas prévu dans pareil cas.

Au total, aucun séisme de forte magnitude ne sera provoqué par ce retrait américain. En revanche, les Etats-Unis continueront de polluer allègrement la planète en se marginalisant vis-à-vis de la panoplie des efforts déployés ailleurs dans le monde pour réduire les effets des changements climatiques sur les populations. Il n’est pas à exclure de fortes réactions nationales américaines de la part de la société civile, qui pourrait multiplier de façon continue et certainement agaçante, les protestations et autres actions de dénonciation de la politique de Trump au sujet du climat.

Elle pourrait en cela bénéficier du soutien des 25 entreprises américaines dont le géant EXtron du secteur pétrolier, qui restent toutes convaincues que la transition énergétique voulue par Obama, peut être source de milliers d’emplois. Contrairement donc à la perte de millions d’autres que l’application de l’accord de Paris pourrait susciter selon le Président des Etats-Unis.

En attendant que les jours à venir nous situent mieux sur ce qui pourrait advenir, l’accord de Paris entré en vigueur depuis novembre dernier continuera d’être appliqué.

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